Statistiques sur la Gig Economy 2026
TL;DR
Les statistiques sur la gig economy montrent 758 600 nouveaux micro-entrepreneurs en France en 2025. Les chauffeurs VTC gagnent en moyenne 38 euros par heure de conduite, selon le SDES. Cet article compte 12 statistiques sur la gig economy en France. Speakwise aide les indépendants à enregistrer un rendez-vous client et à recevoir un résumé avec les actions.
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Statistiques sur la Gig Economy 2026
La gig economy française a franchi une étape en 2025 : 758 600 nouveaux micro-entrepreneurs se sont enregistrés, un record selon l'INSEE, portant leur part à 65 % de toutes les créations d'entreprises. Le secteur des chauffeurs VTC a grossi encore plus vite, avec 71 300 chauffeurs actifs en 2024, en hausse de 27 % en un an, pour un revenu moyen de 38 euros par heure de conduite selon le SDES. À l'échelle européenne, 3 % des personnes de 15 à 64 ans ont fait un travail de plateforme numérique au cours des douze derniers mois selon Eurostat. Cet article rassemble 12 statistiques sourcées pour comprendre où en est la gig economy en France et en Europe.
Le travail de plateforme n'est plus un phénomène marginal. Entre les livreurs, les chauffeurs VTC et les millions de micro-entrepreneurs qui vendent des services en ligne, une part croissante des actifs français gagne sa vie hors du salariat classique. Les pouvoirs publics commencent tout juste à mesurer sérieusement ce phénomène, et les chiffres officiels arrivent souvent avec plusieurs mois de retard sur la réalité du terrain.
Cet article couvre la taille du phénomène en France, les revenus réels des travailleurs de plateforme et la réponse réglementaire qui se met en place, en France comme au niveau international. Les 12 statistiques qui suivent viennent de l'INSEE, du ministère de la Transition écologique, d'Eurostat et de l'Organisation internationale du travail.
Statistiques Clés sur la Gig Economy en France (2026)
- La gig economy a vu 758 600 nouveaux micro-entrepreneurs s'enregistrer en France en 2025, un record selon l'INSEE.
- Les micro-entrepreneurs représentent désormais 65 % de toutes les créations d'entreprises en France, contre 49 % en 2015 (INSEE).
- La France comptait 71 300 chauffeurs VTC actifs en 2024, en hausse de 27 % sur un an et de 51 % sur deux ans (SDES).
- Les chauffeurs VTC gagnent en moyenne 38 euros par heure de conduite effective, avant primes (SDES).
- 3 % des Européens de 15 à 64 ans ont fait un travail de plateforme numérique dans les douze derniers mois (Eurostat).
- Sur les 12 mois glissants jusqu'à mars 2026, les créations de micro-entreprises ont progressé de 10,7 % en France (INSEE).
- En juin 2026, l'Organisation internationale du travail a adopté sa première norme internationale dédiée à l'économie de plateforme, la convention n° 193 (OIT).
1. 758 600 nouveaux micro-entrepreneurs en France en 2025
L'INSEE a enregistré 758 600 nouvelles immatriculations de micro-entrepreneurs en France en 2025, un niveau record en hausse de 6 % sur un an. Ce statut simplifié, pensé au départ pour de petits compléments de revenu, est devenu la porte d'entrée principale vers le travail indépendant dans le pays. La progression continue depuis plusieurs années montre que ce n'est pas un pic ponctuel mais une tendance de fond. Pour beaucoup de nouveaux inscrits, le statut sert à facturer des missions ponctuelles pour des plateformes numériques, de la livraison à la vente de services en ligne. Le volume à lui seul ne dit pas si ces activités sont un revenu principal ou un complément, mais il confirme que le réflexe du micro-entrepreneuriat s'est largement diffusé dans la population active française.
Source: INSEE - Créations d'entreprises
2. Les micro-entrepreneurs pèsent 65 % des créations d'entreprises
En 2025, les micro-entrepreneurs ont représenté 65 % de toutes les créations d'entreprises en France, contre 49 % dix ans plus tôt en 2015. Cette progression de 16 points en une décennie change la nature même de l'entrepreneuriat français: la majorité des nouvelles activités déclarées ne sont plus des sociétés classiques mais des structures individuelles allégées. Cette bascule coïncide avec la montée des plateformes numériques qui rendent l'accès à des missions ponctuelles beaucoup plus simple qu'avant. Un chiffre aussi élevé interroge aussi la solidité de ces créations: le statut de micro-entrepreneur est facile à obtenir, ce qui gonfle mécaniquement les statistiques de création d'entreprise sans garantir une activité pérenne ou un revenu suffisant pour en vivre.
Source: INSEE - Créations d'entreprises
3. 107 663 créations d'entreprises en France en un seul mois
En mars 2026, l'INSEE a comptabilisé 107 663 créations d'entreprises en France sur le seul mois, dont 72 660, soit 67,5 %, sous le statut de micro-entrepreneur. Ce chiffre mensuel confirme que la tendance de fond observée sur l'année 2025 se poursuit sans ralentir au début de 2026. Le fait que plus des deux tiers des nouvelles entreprises créées en un mois soient des micro-entreprises illustre à quel point ce statut est devenu la norme plutôt que l'exception pour qui veut se lancer en indépendant. Cette proportion mensuelle, très proche de la moyenne annuelle 2025, montre une tendance stable plutôt qu'un effet ponctuel lié à un mois particulier.
Source: INSEE Informations Rapides n° 92
4. Les créations de micro-entreprises progressent de 10,7 % sur un an
Sur les douze mois glissants jusqu'à mars 2026, les créations de micro-entreprises ont augmenté de 10,7 % par rapport aux douze mois précédents, contre une hausse de 9,3 % pour l'ensemble des créations d'entreprises. Les micro-entrepreneurs progressent donc plus vite que le reste du tissu entrepreneurial français. Cet écart de plus d'un point de pourcentage confirme que ce sont bien les structures individuelles les plus légères qui tirent la croissance des créations d'entreprises, et non les sociétés classiques. Pour un pays où la création de société était traditionnellement perçue comme complexe, cette accélération du statut simplifié traduit un vrai changement d'habitude chez les actifs qui veulent tester une activité indépendante sans lourdeur administrative.
Source: INSEE Informations Rapides n° 92
5. 71 300 chauffeurs VTC actifs en France en 2024
Le service statistique du ministère de la Transition écologique dénombre 71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes de VTC en France en 2024, en hausse de 27 % par rapport à 2023 et de 51 % par rapport à 2022. Un chauffeur est considéré comme actif s'il a réalisé au moins une course dans l'année. Cette croissance à deux chiffres sur deux années consécutives montre un secteur en pleine expansion, porté par la demande de déplacements urbains et par la facilité d'accès à ce statut. Avec 69 % des chauffeurs actifs basés en Île-de-France, le phénomène reste toutefois très concentré autour de la région parisienne, loin d'être uniformément réparti sur le territoire français.
Source: SDES - Les chauffeurs des plateformes de VTC en 2024
6. Un revenu horaire moyen de 38 euros pour les chauffeurs VTC
Entre septembre et octobre 2024, les chauffeurs de VTC ont perçu en moyenne 38 euros par heure de conduite effective, avant primes et incitations des plateformes. Ce chiffre concerne uniquement le temps de conduite avec un passager à bord, pas le temps d'attente entre deux courses. Un chauffeur type effectue en moyenne 3,6 heures de conduite effective par journée de travail, ce qui limite le revenu quotidien réel malgré un taux horaire qui semble confortable à première vue. Le revenu horaire brut ne reflète donc pas le revenu net réellement perçu une fois les temps d'attente, le carburant et les cotisations sociales pris en compte.
Source: SDES - Les chauffeurs des plateformes de VTC en 2024
7. Près de la moitié des chauffeurs VTC ont moins de trois ans d'ancienneté
47 % des chauffeurs VTC actifs en 2024 ont obtenu leur première carte professionnelle en 2022 ou après, contre seulement 16 % qui l'ont obtenue en 2017 ou avant. Cette répartition montre un renouvellement rapide de la profession: près de la moitié des chauffeurs en activité ont moins de trois ans d'ancienneté dans le métier. Un secteur qui recrute autant de nouveaux venus chaque année reflète à la fois une croissance continue de la demande et un taux de rotation élevé, certains chauffeurs quittant le métier après quelques années. Cette jeunesse du secteur, combinée à sa forte croissance, en fait l'une des portes d'entrée les plus actives vers le travail de plateforme en France aujourd'hui.
Source: SDES - Les chauffeurs des plateformes de VTC en 2024
8. 3 % des Européens ont fait un travail de plateforme en 2022
Une enquête pilote d'Eurostat menée dans 17 pays européens, dont la France, a mesuré que 3 % des personnes de 15 à 64 ans avaient effectué un travail via une plateforme numérique au cours des douze mois précédents. Ce chiffre européen sert de point de comparaison utile puisque la France ne publie pas encore d'estimation nationale équivalente et directement comparable. Le travail de plateforme touchait légèrement plus les hommes, à 3,2 %, que les femmes, à 2,8 %, et davantage les 15-29 ans, à 3,6 %, que les 30-64 ans, à 2,8 %. Ces écarts modestes mais constants dessinent le profil type du travailleur de plateforme européen: plutôt jeune et légèrement plus souvent un homme.
Source: Eurostat - Employment statistics, digital platform workers
9. Le transport et la livraison dominent le travail de plateforme
Dans la même enquête Eurostat, le transport et la livraison de marchandises arrivaient en tête des activités de plateforme, pratiqués par 1 % des personnes interrogées, devant la vente de biens en ligne à 0,7 %, puis le transport de passagers en taxi et les services à domicile ou d'hébergement, à 0,3 ou 0,4 % chacun. Cette hiérarchie confirme que malgré la diversité des plateformes numériques qui existent aujourd'hui, ce sont les tâches physiques de transport et de livraison qui concentrent l'essentiel de l'activité déclarée. Les plateformes de services numériques purs, comme la rédaction ou le graphisme en ligne, restent statistiquement plus marginales que les activités qui impliquent un déplacement physique du travailleur.
Source: Eurostat - Employment statistics, digital platform workers
10. Une nouvelle norme internationale pour l'économie de plateforme
En juin 2026, la Conférence internationale du travail a adopté la convention n° 193 sur le travail décent dans l'économie de plateforme, la toute première norme internationale du travail consacrée spécifiquement à ce secteur. L'Organisation internationale du travail la présente comme une étape majeure dans l'adaptation du droit du travail international à la numérisation de l'économie. L'existence même d'une convention dédiée montre que le travail de plateforme est désormais reconnu comme une catégorie à part entière, distincte du salariat traditionnel et du travail indépendant classique, qui nécessite ses propres règles. Les pays membres devront désormais se positionner sur la ratification de ce texte, ce qui pourrait influencer la réglementation française et européenne dans les prochaines années.
Source: Organisation internationale du travail
11. Un secteur encore mal mesuré au niveau mondial
L'Organisation internationale du travail reconnaît elle-même, dans une note de recherche publiée en février 2026, que les sources de données actuelles restent insuffisantes pour estimer avec précision le nombre total de personnes qui exercent une activité via une plateforme numérique dans le monde. Cette lacune statistique n'est pas anodine: elle signifie que même les chiffres nationaux comme ceux de l'INSEE ou du SDES ne captent qu'une partie du phénomène, en général limitée aux statuts juridiques officiels comme le micro-entrepreneuriat ou la carte VTC. Le travail de plateforme occasionnel, non déclaré ou exercé en complément d'un autre statut, échappe largement aux radars statistiques actuels, en France comme ailleurs.
Source: Organisation internationale du travail - Digital labour platforms: Number of platforms and workers
12. La croissance du secteur VTC dépasse celle du micro-entrepreneuriat classique
Avec une progression de 27 % en un an, la croissance du nombre de chauffeurs VTC actifs dépasse largement celle de l'ensemble des micro-entrepreneurs, à 6 % sur la même période de référence. Ce contraste montre que le travail de plateforme ne progresse pas de manière uniforme: certains segments, en particulier le transport de passagers, connaissent une expansion beaucoup plus rapide que la moyenne du travail indépendant. Cette croissance différenciée par secteur d'activité invite à ne pas traiter la gig economy comme un bloc homogène: chaque type de plateforme suit sa propre dynamique, liée à la demande spécifique du service qu'elle propose et à la facilité d'accès à l'activité pour de nouveaux travailleurs.
Source: INSEE et SDES, comparaison des taux de croissance 2024-2025
Ce Que Ces Chiffres Révèlent sur le Travail Indépendant en France
Ces 12 statistiques dessinent une gig economy française en pleine croissance mais encore mal cernée par les outils de mesure officiels. Le nombre de micro-entrepreneurs et de chauffeurs VTC augmente chaque année, parfois à deux chiffres, pendant que les institutions internationales comme l'OIT admettent elles-mêmes ne pas avoir une vision complète du phénomène à l'échelle mondiale.
Pour les travailleurs concernés, la réalité est contrastée: un statut facile à obtenir, une demande en hausse, mais des revenus horaires qui, une fois les temps d'attente et les charges déduits, restent modestes au regard du volume d'heures nécessaire pour en vivre. La jeunesse du secteur VTC, avec près de la moitié des chauffeurs actifs depuis moins de trois ans, confirme aussi un taux de renouvellement élevé plutôt qu'une carrière stable sur le long terme.
La reconnaissance internationale via la convention n° 193 de l'OIT marque un tournant: le travail de plateforme entre dans le champ du droit du travail international, ce qui pourrait, à terme, changer les règles du jeu pour des millions de travailleurs en France et ailleurs. Ces horaires longs et ce revenu net incertain rejoignent d'ailleurs un constat plus large sur la productivité des travailleurs du savoir: plus d'heures ne veut pas toujours dire plus de résultat.
Le travail de plateforme grandit plus vite que les outils utilisés pour le mesurer et le réglementer.
Enregistrer Chaque Mission Sans y Passer des Heures
Pour un micro-entrepreneur ou un chauffeur VTC, chaque heure passée à écrire un compte rendu de rendez-vous client ou de mission est une heure qui ne rapporte rien. Contrairement à un salarié qui peut compter sur des collègues ou une secrétaire, un travailleur indépendant gère seul la prise de notes, le suivi client et l'administratif, souvent entre deux courses ou deux missions.
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Foire aux questions
Qu'est-ce que la gig economy exactement?
La gig economy désigne l'ensemble des activités rémunérées organisées autour de missions ponctuelles plutôt que d'un emploi salarié classique, souvent mises en relation via une plateforme numérique. En France, cela recouvre par exemple les chauffeurs VTC, les livreurs et une grande partie des micro-entrepreneurs qui facturent des missions courtes à différents clients. Le point commun est l'absence de lien de subordination salarié classique et une rémunération liée directement aux missions réalisées plutôt qu'à un salaire fixe mensuel.
Combien de personnes travaillent dans la gig economy en France?
Il n'existe pas de chiffre officiel unique, mais les indicateurs disponibles donnent une idée de l'ampleur du phénomène: 758 600 nouveaux micro-entrepreneurs se sont enregistrés en 2025 et 71 300 chauffeurs VTC étaient actifs en 2024. Ces deux catégories se recoupent partiellement puisque beaucoup de chauffeurs VTC exercent sous le statut de micro-entrepreneur. L'Organisation internationale du travail reconnaît elle-même qu'aucune méthode statistique internationale ne permet encore de compter précisément tous les travailleurs de plateforme.
Les chauffeurs VTC gagnent-ils bien leur vie?
Le revenu horaire moyen de 38 euros par heure de conduite effective peut sembler élevé, mais il ne concerne que le temps passé avec un passager à bord, pas les temps d'attente entre deux courses. Avec une moyenne de 3,6 heures de conduite effective par jour, le revenu quotidien réel dépend beaucoup du nombre d'heures totales passées disponible sur l'application. Une fois le carburant, l'entretien du véhicule et les cotisations sociales déduits, le revenu net est nettement inférieur au chiffre brut annoncé.
La gig economy est-elle réglementée en France?
Le statut de micro-entrepreneur et la carte professionnelle VTC existent depuis plusieurs années et encadrent déjà l'accès à ces activités en France. Au niveau international, l'adoption en juin 2026 de la convention n° 193 de l'Organisation internationale du travail marque une étape supplémentaire: c'est la première norme mondiale consacrée spécifiquement au travail de plateforme. Sa mise en œuvre concrète dans le droit français dépendra des choix de ratification et de transposition des pouvoirs publics dans les années à venir.
